Ma mère m'a cruellement manqué. Difficile de se construire sans une maman, mais c'est faisable et sans trop de casse, en trouvant des modèles féminins autour de soi. Des adultes repères. Durant ma grossesse j'ai surtout redouté le fait de lui ressembler, cette mère abandonnante, maltraitante. Mais voici qu'à l'arrivée de ma fille, je me suis prise cette douleur cinglante en pleine figure. J'étais seule. Bien entourée en fait par ma famille et mes amis, mais seule au milieu de la foule. Pour la première fois de ma vie, prise au dépourvu, pas de maman de substitution. Personne pour remplir ce vide. Quel long tunnel noir. Pour compenser et expliquer cette douleur sourde et sournoise à ma fille, je lui ai beaucoup parlé. De son histoire, de la mienne. De ma douleur. L'absence d'une mère a une résonance énorme et inattendu pour moi, au moment où je devient mère. Les douleurs et tracas que seul une mère peut comprendre et panser.
Attention, MA mère n'a aucune place dans ma vie et je ne veux pas lui en donner. Elle a fait des choix dans la vie. Ce n'est pas elle qui me manque mais la figure maternante et contenante qu'est LA maman. Celle que je pense, je serai pour ma petitoune, et ma soeur un peu aussi.
Mon coeur a grandit pour Hanaé, mais un creux énorme, vide et sale s'est installé dans un coin. L'abandon je crois sera toujours marqué en moi. J'ai tant essayé d'aller au delà, et loin de lui. Je crois qu'en fait il faut faire route avec et pas malgré lui.